rTMS

Stimulation magnétique
transcrânienne

Neurostimulation non invasive par impulsions magnétiques ciblées pour la dépression résistante et d’autres pathologies psychiatriques, à Lausanne.

Qu’est-ce que la TMS ?

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) délivre des impulsions magnétiques intenses par un électroaimant puissant placé à la surface du crâne. Le positionnement exact est déterminé avec l’IRM du cerveau du patient grâce à un dispositif appelé neuronavigateur.

Le champ magnétique dynamique produit un faible courant électrique non perceptible par le patient, par un mécanisme d’induction électromagnétique, dans des zones et circuits précis du cerveau impliqués dans la dépression et d’autres pathologies psychiatriques ou neurologiques.

L’activité des cellules du cerveau est modifiée — augmentée ou diminuée. La TMS provoque une augmentation du débit sanguin, du métabolisme du glucose et de la concentration de certains neurotransmetteurs (GABA, glutamate, dopamine).

Le positionnement le plus habituel pour la dépression est le cortex dorsolatéral préfrontal gauche ou droit, le choix de la zone et des paramètres dépendant des caractéristiques de chaque patient.

La TMS ne nécessite pas d’anesthésie et n’est pas douloureuse. Elle peut tout au plus provoquer de légers maux de tête qui répondent bien aux traitements antalgiques courants. La TMS est aussi un outil diagnostique dans certaines maladies neurologiques.

Pour qui la TMS est-elle indiquée ?

La TMS est indiquée pour le traitement des formes de dépression résistantes aux traitements antidépresseurs habituels ou en cas de sensibilité ou d’effets secondaires aux médicaments, chez les personnes de tous âges.

Autres indications prometteuses :

  • Addictions (en particulier à la cocaïne)
  • État de stress post-traumatique (ESPT)
  • Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
  • Certains symptômes de la schizophrénie (hallucinations acousticoverbales, symptômes négatifs)
  • Fibromyalgie et douleurs chroniques
  • Acouphènes
  • Réhabilitation après un accident vasculaire cérébral

La TMS peut être combinée avec ou suivie de perfusions de kétamine pour les patients nécessitant une approche interventionnelle multimodale.

La TMS est-elle efficace ?

En cas d’échec des traitements antidépresseurs, la TMS a montré une efficacité importante dans de nombreuses études (plus d’une quarantaine).

1/2
patient avec amélioration significative (diminution de 50% des symptômes)
1/3
patient en rémission complète après 6 semaines de traitement

La TMS a une efficacité au moins comparable à celle des antidépresseurs. L’électroconvulsivothérapie (ECT) reste toutefois plus efficace, mais aussi plus lourde puisqu’elle nécessite une anesthésie générale à chaque séance.

La TMS est approuvée pour la dépression résistante dans plusieurs pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni.

Lorsque la TMS seule ne permet pas d’obtenir une amélioration suffisante, l’ECT reste le traitement interventionnel le plus efficace pour les formes sévères de dépression résistante.

Déroulement du traitement

Le patient est confortablement installé dans un fauteuil. On s’assure qu’il a retiré tous les objets métalliques sensibles aux ondes magnétiques. Des repères adhésifs sont placés sur la tête pour permettre le positionnement optimal de la bobine grâce au dispositif de neuronavigation.

Une procédure de « mesure du seuil moteur » est réalisée au début de la première séance pour personnaliser l’intensité du traitement. La bobine est ensuite placée sur la zone cible.

Pour la dépression, le protocole comprend des cycles d’impulsions répétées pendant quelques secondes avec des intervalles libres. La durée du protocole le plus courant est d’environ 40 minutes. Pendant le traitement, le patient entend une série de « clics » et ressent un tapotement à la surface du crâne.

Calendrier type

Phase initiale : une séance quotidienne, 5 jours sur 7, pendant au minimum 2 semaines. Maximum d’efficacité en 4 à 6 semaines.

Protocoles accélérés : plusieurs séances par jour pendant 1 à 2 semaines.

Entretien : séances espacées si nécessaire.

La Theta Burst Stimulation (TBS) permet de réduire la durée des séances à moins de 10 minutes avec une efficacité comparable.

La première séance est toujours réalisée par un médecin. Les protocoles de TMS sont conçus et supervisés par le Dr Mall, utilisant la neuronavigation guidée par IRM pour un ciblage optimal.

Effets secondaires

La TMS n’a aucun des effets secondaires typiques des antidépresseurs : pas de prise de poids, de dysfonction sexuelle, de troubles gastriques, de somnolence, d’insomnie, de bouche sèche ni de sudation. Elle ne provoque pas non plus de troubles de la mémoire ou de la concentration.

L’effet secondaire le plus fréquent (environ 10% des cas) est un léger mal de tête ou un inconfort pendant le traitement, facilement pris en charge avec des antalgiques classiques. Cet effet est généralement léger à modéré et diminue au fil des séances.

Il est extrêmement rare que des patients interrompent le traitement en raison d’effets secondaires.

Risques et contre-indications

Comme pour l’IRM, la TMS emploie un champ magnétique intense et ne peut pas être employée en présence d’un dispositif métallique implanté dans le crâne ou à moins de 30 cm de la zone de stimulation (exception : couronnes et amalgames dentaires).

Contre-indications (liste non exhaustive)

  • Clips anévrysmaux
  • Stimulateurs cérébraux implantables
  • Électrodes de monitorage cérébral
  • Implants métalliques dans les oreilles ou les yeux
  • Éclats de balle ou d’obus dans ou près de la tête
  • Tatouages faciaux avec encre métallique ou ferromagnétique
  • Pacemakers ou défibrillateurs implantables (dans certains cas)

Le principal risque, extrêmement faible (0.1% des patients), est celui d’induire une crise d’épilepsie. Ce risque est considérablement diminué par l’observation scrupuleuse des recommandations de sécurité et l’emploi de paramètres de stimulation individualisés.

Prise en charge par les assurances

En Suisse, la stimulation magnétique transcrânienne, en particulier neuronaviguée, reste un traitement très novateur et très peu employé pour la dépression, contrairement aux pays anglo-saxons.

La TMS n’est actuellement pas remboursée par l’assurance de base ni par les assurances complémentaires. Les séances sont donc à la charge des patients.

Plus d’informations concernant les tarifs et modalités de paiement sur simple demande.

Qu’est-ce que la neuronavigation ?

Précision millimétrique

Le neuronavigateur est un appareil muni de caméras infrarouges spécifiques dans lequel on entre les données de l’IRM du cerveau du patient — ou, si aucune IRM n’est disponible, une modélisation selon des points de repères externes du crâne.

Ce dispositif permet de positionner le champ magnétique au millimètre près, de façon reproductible d’une séance à l’autre, exactement sur la zone que l’on souhaite traiter.

S’il est possible d’avoir une estimation relativement correcte par des mesures à la surface du crâne à l’aide d’un mètre-ruban, cette précision est bien moindre que celle obtenue avec la neuronavigation. La probabilité de stimuler la zone désirée est naturellement beaucoup plus élevée et le traitement potentiellement plus efficace.

Le Centre de Psychiatrie Interventionnelle est aujourd’hui la première structure privée suisse à utiliser un système de neuronavigation dans la stimulation magnétique transcrânienne.